Écouter l'entrevue de Claire Dumais avec le lecteur ci-dessous :
Télécharger l'entrevue en format mp3.
Claire Dumais est membre fondatrice de l’Association des francophones de Frobisher Bay, l’organisme qui a précédé l’Association des francophones du Nunavut.
Lorsque je suis venue m’installer à Frobisher Bay, j’avais 18 ans, je venais de terminer le cégep et j’étais à la recherche d’un emploi. Je désirais aussi perfectionner ma connaissance de l’anglais. Une famille de la région m’a accueillie pour que je prenne soin de son enfant. J’ai ensuite occupé plusieurs emplois et, de fil en aiguille, je suis devenue directrice adjointe de l’aéroport de Frobisher Bay.
Nous avions envie de nous rencontrer et de nous divertir. Nous avions probablement besoin de sentir que nous appartenions à un groupe et à une culture. À l’époque il y avait peu d’activités à Frobisher Bay et le bar qui s’y trouvait était, à mon avis, peu fréquentable. Avant la naissance de l’association, Céline Lachance, une autre des membres fondateurs, et moi avions créé un club de lecture. Nous nous rencontrions régulièrement pour discuter littérature et pour échanger des ouvrages. Tranquillement, d’autres francophones ont joint notre groupe et l’idée de fonder une association a fait son chemin.
Je me souviens avoir assisté à des festivités telles qu’une épluchette de blé d’inde, une Saint-Jean-Baptiste, une soirée d’Halloween et des spectacles. Outre les activités de ce genre nous militions aussi pour obtenir quelques services dans notre langue. Nous voulions, par exemple, que la Société Radio-Canada diffuse sa programmation à Frobisher Bay, ce qui nous a été refusé parce que la région ne comptait pas assez de francophones. Nous avons donc fait une levée de fond pour amasser l’argent nécessaire à l’achat d’équipement de radiodiffusion que nous avons illégalement installé. Notre système a fonctionné jusqu’à ce que nous nous fassions prendre par le CRTC !
Nous voulions aussi un local pour nous réunir et nous désirions que les enfants des francophones puissent recevoir quelques heures de cours dans leur langue maternelle. Nous n’avions cependant pas d’argent pour réaliser la plupart de nos projets.
En m’engageant pour l’AFFB, je me sentais utile et j’avais le sentiment d’appartenir à un groupe. J’étais jeune à l’époque et le fait d’avoir des responsabilités relativement importantes m’a donné confiance en moi. L’expérience m’a aussi donné envie de m’impliquer davantage dans la communauté. J’ai, suite à cela, siégé au conseil d’administration de la première coopérative d’habitation de Frobisher Bay
Les fondateurs de l’Association des francophones de Frobisher Bay, en 1981, n’osaient probablement pas espérer que cet organisme allait connaître un tel essor et qu’il allait permettre des gains aussi importants pour les francophones du Nunavut.
La détermination et la solidarité des francophones. Nous avions envie de prendre une place dans la communauté et de partager notre culture. Je suis fière de voir le chemin parcouru par l’organisme.
Je suis folle de joie ! Je suis impatiente de revoir les gens que j’ai connus à l’époque et de connaître les nouveaux acteurs de l’association. J’ai aussi très hâte de revoir la ville qui a dû beaucoup changer depuis.
Ce projet a été rendu possible grâce à une contribution financière du programme Francommunautés virtuelles d'Industrie Canada.
© 2006 Association des francophones du Nunavut
Crédits | Administration