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Le directeur général de l’Association des francophones du Nunavut a accordé une entrevue au Nunavoix.
C’est un rôle de liaison entre le conseil d’administration et l’équipe des employés ainsi que les membres de l’Association des francophones du Nunavut. Il faut aussi assurer l’actualisation de la planification annuelle et gérer le personnel qui travaille à l’AFN.
J’étais ébéniste artisan et, en 1987, j’ai vendu une maison à un grand passionné du Nord qui arrivait de Cape Dorset. De fil en aiguille, il m’a transmis sa passion pour l’Arctique et nous sommes devenus associés dans une entreprise de construction. Nous avions soumissionné pour faire des rénovations de maisons à Iqaluit, à Kimmirut et à Hall Beach, ce qui nous avait apporté des contrats pour une durée de deux ans.
Je dirais que ça dépend de l’âge des enfants. Lorsque les enfants sont en bas âge, le rythme de vie du Nord se prête bien à une vie familiale harmonieuse. Le milieu est convivial pour les familles et les inquiétudes quant aux dangers que courent nos enfants sont moindres. Cependant, lorsque les enfants grandissent et qu’ils arrivent à l’âge où l’école des Trois-Soleils ne peut plus offrir l’éducation en français, la situation devient plus difficile ; on doit se séparer durant la majeure partie de l’année. Mon garçon, pour recevoir une éducation dans sa langue, a dû quitter le Nunavut pour aller au pensionnat alors qu’il n’avait que 14 ans. C’est tout un défi. Je dois dire toutefois que cela a permis à mon fils de développer d’excellentes habiletés sociales et de s’affranchir de ses parents. L’expérience a donc été positive pour lui.
Par une série de hasards et d’accidents de parcours ! Le travail de construction est extrêmement difficile au Nunavut à cause des conditions climatiques et j’avais de la difficulté à gérer les équipes de travailleurs à distance lorsque nous avions des contrats dans des communautés éloignées d’Iqaluit. J’ai laissé le métier de la construction pour suivre un cours en interprétation et traduction. J’ai donc été interprète et traducteur à la pige durant quelques années avant de retourner vers le métier de la construction pour l’entretien des édifices d’Iqaluit et j’ai finalement travaillé pour l’Association des francophones du Nunavut.
Au fil des ans, l’AFN a contribué au rayonnement du français au Nunavut et, en tant qu’organisme de pression, a permis aux francophones de s’affirmer à travers des institutions obtenues à force de travail et de persévérance. Pensons, par exemple, à la mise sur pied du centre communautaire, de l’école francophone, de la garderie francophone, au Nunavoix, au Toit du monde et à la radio communautaire.
Je dirais oui et non. Oui parce que nous avons aujourd’hui beaucoup plus de services que jadis et non parce que nous sommes loin d’avoir obtenu tous les services que nous devrions avoir. Il faut aussi savoir que les services que nous avons sont très fragiles et souvent sous financés. Les outils dont nous nous sommes dotés demeurent précaires et nous devons les consolider.
Je crois que nous rencontrons les mêmes genres de difficultés que lorsque l’on est à la tête de n’importe quel organisme qui agit comme porte-parole d’une minorité et qui défend ses droits. Lorsque j’ai des échanges avec les gens qui travaillent dans des organismes similaires au niveau national, j’ai souvent l’impression que la communauté du Nunavut est plus tolérante et plus accueillante qu’ailleurs. Il faut dire que l’AFN n’a pas adopté une attitude trop revendicative ; nous avons plutôt opté pour une stratégie de promotion et de représentation de la francophonie.
Je nous souhaite beaucoup de plaisir et j’espère que nous saisirons l’occasion pour dynamiser la communauté francophone dans une perspective d’harmonie avec les autres communautés.
Beaucoup de travail ! Nos services étant précaires, il faut faire comprendre aux bailleurs de fonds que le coût de la vie au Nunavut est le plus élevé au Canada et qu’il faut en tenir compte. Nous devons aussi renforcer les outils que nous nous sommes donnés afin de dépasser le seuil de la survie et de pouvoir parler de développement et d’épanouissement.
Ce projet a été rendu possible grâce à une contribution financière du programme Francommunautés virtuelles d'Industrie Canada.
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