René Lavallée a été l’un des personnages clé dans la mise sur pied de la radio de CFRT 107,3 FM. Le Nunavoix l’accueille dans le cadre de sa série d’entrevues à l’occasion du 25e anniversaire de l’AFN.
En 1989 je suis venu pour la première fois à Iqaluit où je suis resté jusqu’en 1994 avant de repartir un an et d’y revenir jusqu’en 2004. À la base, je suis technologue en électronique et je travaillais à l’époque pour Transport Canada. Mon rôle dans l’Arctique était d’entretenir les systèmes électroniques pour le service de navigation aérienne. Nous fournissions des équipements de radars et de communications pour l’aéroport.
Il y avait déjà à Iqaluit de l’équipement de rediffusion de télévision et de radio et je m’occupais de faire fonctionner cet équipement. Le centre communautaire de l’Association des francophones était alors en construction et l’organisme n’avait que peu d’activités à Iqaluit.
À l’époque, les francophones n’avaient pas accès aux informations locales dans leur langue et nous cherchions le moyen de diffuser les informations urgentes telles que la venue d’une tempête ou d’un blizzard. Lorsque le centre communautaire a été achevé, l’idée de trouver du financement pour déménager nos équipements à l’AFN est née. Le fait que plusieurs francophones avaient des postes clé dans les compagnies et les organismes de la ville a facilité le déménagement ; Bell Canada, par exemple, nous avait installé un poteau de téléphone. Une fois le déménagement fait, nous avons formé un comité pour mettre la radio sur pied et nous avons fait une levée de fond auprès de Patrimoine Canada. De fil en aiguille, la radio a été créée et je suis devenu directeur de la radio et des communications.
Les bénévoles ont travaillé avec acharnement pour la création de la radio ; j’ai moi-même investi plus de 3 000 heures sur une période de quatre ans. J’ai parfois dormi à côté de la console pour m’assurer que tout serait prêt pour la diffusion ! En 1993, nous avons reçu le prix de l’Alliance du Canada pour les radios communautaires. Nous étions l’équipe qui avait monté une radio le plus rapidement avec le budget le plus restreint. À titre d’exemple, une radio similaire à Yellowknife avait coûté 250 000 $ contre 55 000 $ pour nous.
Je ressens beaucoup de fierté. Je vois la radio comme un enfant que j’ai aidé à mettre au monde et qui devient tranquillement adulte.
Ce projet a été rendu possible grâce à une contribution financière du programme Francommunautés virtuelles d'Industrie Canada.
© 2006 Association des francophones du Nunavut
Crédits | Administration